Septembre 2010

C’est la rentrée!

J’ai quitté l’école il y a trois ans et demi pour l’AVENTURE! C’est ainsi que le professeur Cassuto racontait la greffe de moelle osseuse. Revenir après des mois de combats, de peurs, de terreurs, de chagrins, d’espoirs,  REVENIR auprès de mes chers élèves, de mes chers collègues au coeur de mon école et de ma vie est une émotion indicible.

Revenir n’est pas une victoire, c’est un cadeau. Cadeau de la vie, de l’amour des miens, des médecins, des infirmières et, sur la route d’Antibes, longeant la belle bleue où les derniers vacanciers goûtaient aux matinaux rayons du soleil, je pensais à eux. Je souriais, pleine d’une gratitude inextinguible et d’un bonheur invincible. J’ai pensé à vous, mes compagnons d’armes et de larmes, vous qui poursuivez l’aventure. J’ai pensé à vous mes belles étoiles. J’ai pensé à toi Mimi, au vide que tu laisses dans ta jolie ville de Cogolin, j’ai pensé à toi Anne, nous veillons sur Michel, j’ai pensé à vous, Christelle, Eric, Colette… J’ai lutté contre mes larmes. Avec vous j’ai perdu à jamais une partie de mon insouciance et de ma légèreté.

C’est ce vide précisément, si douloureux, qui me fait reprendre mon cartable, reprendre la route d’Antibes et le chemin de l’école. Seuls mes élèves sauront animer la force vitale qui s’est envolée avec vous. Avec toute mon énergie, je me suis accrochée (au volant) et aux mots de Boris Cyrulnik, le conteur enchanté, lus dans Parler d’amour au bord du gouffre.

Grâce à Boris, qui a donné du sens à ma quête je suis devenue un pilier de résilience au sein de Sirius et de la Ligue. En apportant mon affection à mes pairs je remonte la pente de la déchéance physique et morale qu’entraine inéluctablement la maladie. « Un merveilleux malheur »  était un de ses autres livres. C’est ainsi que désormais j’appelle notre AVENTURE.

Parcequ’il faut continuer à aimer quand même, j’ai repris my book, my workbook. J’ai absolument décidé d’être heureuse.

Pour chacun d’entre vous, avec mon infinie tendresse,

Marie

Parler d’amour au bord du gouffre, Boris Cyrulnik  chez Odile Jacob

Extraits :  » il cassait des petites pierres sur le bord de la route mais il avait une cathédrale dans la tête… »  » dans une situation désolée, pendant le fracas, il faut préserver un îlot de beauté… »

Lire aussi Eloge de la faiblesse d’Alexandre Jollien (Paris,Cerf)

Le cancer ne doit pas vous faire chuter lourdement, j’ai réussi à me créer un parachute qui m’a permis de faire un point sur moi même!! Il ne faut pas avoir peur de tomber de haut, il faut simplement transformer la chute par un agréable vol. On souffrira moins ! En effet, on peut voir les différentes possibilités qui s’offrent à nous et choisir le meilleur chemin pour se sortir de tous les imprévus.
Cela peut vous paraître invraisemblable mais c’est qui m’a permis de me relever et d’accéder plus sereinement à mon futur, pratiquement sans peur. En effet, la leucémie m’a causé de lourdes épreuves, je ne me suis jamais laissée aller J’ai tenu le cap, pour atteindre le but que je me suis fixé et j’y suis arrivée !
Gardez confiance en vous…. C’est votre « parachute »

Christelle